27.8 C
Yaoundé
dimanche, 24 octobre 2021

Rendre la communication de l’armée camerounaise plus offensive

Lisez aussi

William BAYIHA
William BAYIHA
Journaliste engagé. Consultant en stratégie éditoriale et marketing.

Le ministère de la Défense multiplie des dénégations par communiqués après des accusations devenues virales sur les réseaux sociaux. Or, le communiqué est le média de l’aridité narrative par excellence.

La Division de la Communication du ministère de la Défense le dit à qui veut l’entendre, l’armée camerounaise n’est pas responsable de la fusillade mortelle de dimanche, 22 août dans une église, dans l’arrondissement de Bali, département de la Mezam, région du Nord-Ouest.

La version officielle renseigne que l’incident est dû à « un échec de cohésion entre les membres » du groupe Buffalo’s of Bali commandé par un certain Grand Pa’a.

Si l’armée nationale bénéficie toujours du bénéfice du doute contre des sécessionnistes dont les fondements du combat se fragilisent au fil des jours, la réaction de l’armée est quant à elle trop formelle, trop cadrée pour être considérée comme sincère.

La propagande de guerre ne peut pas être efficace si elle est trop ouverte aux médias indépendants comme cela a été le cas lors de la présence américaine au Vietnam. Mais elle ne l’est pas plus si elle s’appuie essentiellement sur un réseau institutionnel. L’expérience des journalistes embarqués lors de la première guerre du Golfe fut un désastre en termes d’image.

Dans tous les cas, elle ne peut pas être pertinente si le ministère de la Défense est la seule source officielle crédible et qu’on a l’impression que les états-majors voire les militaires de rang sont totalement bâillonnés.

Il faut trouver un juste milieu. La dictée préparée à quelques « reporters de guerre » est bien sûr à proscrire.

Et les réseaux sociaux offrent une foule d’opportunités d’apporter de la « bonne information » à la population. Car toute guerre est d’abord psychologique et politique.

Il faut convaincre le citoyen de la justesse de ses intentions.

Pour que les messages du ministère de la Défense passent mieux, il faut que ce ne soit justement pas des messages d’un ministère.

Il faut que les journalistes aient accès aux sources militaires sur le terrain et qu’il soit possible pour le Camerounais lambda de mettre un visage sur les victimes et les hommes qui combattent l’horreur.

Il n’est d’ailleurs pas exclu de donner la parole aux hommes de troupe qui participent aux opérations et aux états-majors. Le langage que cette catégorie de personnel peut tenir est beaucoup beaucoup plus pertinent qu’un communiqué même très bien écrit.

- Publicité -spot_img

Derniers articles

- Publicité -spot_img