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vendredi, 18 juin 2021

Brazzaville accusée d’aller à la présidentielle adossée sur un arsenal de guerre

Un rapport récemment publié par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) indique que les autorités congolaises ont acquis jusqu’à 100 tonnes d’armes auprès de l’Azerbaïdjan.

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William BAYIHA
William BAYIHA
Journaliste engagé. Consultant en stratégie éditoriale et marketing.

Qui prépare les élections en République du Congo, prépare la guerre.

La garde républicaine congolaise aurait été le principal destinataire des cargaisons en provenance de Bakou.

Cette force d’élite directement contrôlée par le président Denis Sassou N’Guesso aurait pu recevoir jusqu’à 775 obus de mortier ainsi que 400 valises de missiles prévus pour être lancés à partir de camions.

L’ensemble de la marchandise est évaluée à quelque 100 tonnes pour un coût de plus de dix millions de dollars. Ces armes ont été livrées au mois de janvier 2020, assure le rapport.

Mais il ne s’agirait que d’un affrètement parmi les 17 que l’OCCRP dit avoir recensé à partir des documents de navigation confidentiels.

Depuis 2015, Brazzaville aurait acheté jusqu’à 500 tonnes d’armes diverses à partir de l’Azerbaïdjan.

Les quantités et les sommes mises en jeu détonnent dans un contexte où la République du Congo est plongée dans une crise économique profonde depuis précisément six ans.

Et le pays est l’un des rares de la sous-région à n’être pas directement concerné par une crise sécuritaire majeure.

Selon le rapport, ces transactions n’ont été rendues possibles que grâce au soutien de sponsors extérieurs tels que l’Arabie Saoudite.

Le souvenir du Pool

Riyad aurait participé de deux manières alternatives : soit en avançant l’argent pour l’achat du matériel soit en offrant les moyens de le convoyer jusqu’au Congo en échange de l’adhésion de Brazzaville à l’OPEP.

L’annonce de la présence de cette importante quantité d’armes à Brazzaville intervient à quelques semaines d’une présidentielle à laquelle le chef de l’État sortant est candidat à sa propre succession.

Plus qu’ailleurs, les élections sont souvent source de vives tensions en République du Congo. Le contentieux du référendum de 2015 et de la présidentielle de 2016 a dégénéré en guerre civile dans le département du Pool.

Les affrontements se sont poursuivis jusqu’à la signature d’un accord de paix en décembre 2017.

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